
L’éco-conception
vise à intégrer les problématiques environnementales dans la
conception des produits ou services.
Cette démarche se caractérise par une vision globale. Pour maîtriser
et optimiser les effets sur l’environnement d’un produit (liés à la
production, l’utilisation et l’élimination), elle implique une
approche multicritère des problèmes d’environnement (eau, air, sols,
bruit, déchets, matières premières, énergie…) et prend en compte
l’ensemble des étapes du cycle de vie du produit, du « berceau à la
tombe ». Elle suppose de faire un compromis entre l’utilité (les
fonctionnalités) du produit et le coût (les impacts) associé à cette
utilité.
Cette approche définit ainsi un écoproduit conçu de façon à limiter
ses consommations de ressources naturelles, optimiser ses impacts
sur l’environnement et sur la santé humaine tout au long de son
cycle de vie.
"La prise en compte
de l’environnement dans la conception des produits"
L’éco-conception a été définie dans un fascicule limité au rôle
informatif et édité en mai 1998 par l’AFNOR (l’Association Française
de Normalisation) intitulé « la prise en compte de l’environnement
dans la conception des produits : principes généraux et application
».
Il en résulte un inventaire des principaux impacts écologiques,
économiques et sociaux tout au long du cycle de vie du produit. Ces
impacts sont évalués par approche multicritères et sont classés
selon une hiérarchie des priorités environnementales. L’objectif
sera d’évaluer ainsi en fonction des résultats de meilleures
solutions de conception. Il existe des logiciels informatiques pour
hiérarchiser les impacts du produit (TEAM, SIMAPRO...). Dans tous
les cas, il est nécessaire de s’assurer que les pistes
d’amélioration retenues ne risquent pas d’aggraver d’autres impacts
(afin d’éviter d’éventuels transferts de pollution).
Les impacts environnementaux visés
Carcasses
de véhicules à l'abandon
crédit : notre-planete.info
Les outils de développement de l’éco-conception permettent
d’améliorer la qualité écologique du produit qui limite ainsi les
consommations de ressources naturelles telles que :
- l’énergie
- les matières non renouvelables
- les ressources biologiques (les milieux sensibles, les espèces
menacées)
Les catégories d’impacts sur l’environnement prises en compte
sont :
- planétaires : réchauffement du climat, destruction de l’ozone
stratosphérique, atteinte à la biodiversité
- régionales : acidification des pluies, eutrophisation des eaux
superficielles
- locales : formation d’ozone photochimique, toxicité pour les
écosystèmes aquatiques et terrestres
- nuisances locales : bruit, odeur...
La question économique
La question économique est évidemment également abordée. Les
entreprises, notamment, sont conscientes de l’importance de
l’environnement dans leur stratégie de développement. Sur fond de
concurrence, cette démarche préventive intéresse l’ensemble des
acteurs économiques : fournisseurs de matières premières,
fabricants, distributeurs, consommateurs, acheteurs publics et
privés.
Une éco-conception de produit ou service encourage le dialogue et
les partenariats, implique tous les acteurs du développement, réunis
en groupe de projet et utilisant les méthodologies de développement
actuellement les plus efficaces.
Méthodes d’évaluation en
éco-conception
Quelques définitions :
L’ESQCV : c’est l’Evaluation Simplifiée
et Qualitative du Cycle de Vie qui a pour but l’amélioration
continue du produit à partir d’un nombre limité de données
environnementales (on procède par sondages en se fixant
soi-même le seuil).
L’ACV : c’est l’Analyse du Cycle de Vie
qui permet de faire un bilan complet des impacts d’un produit
sur l’environnement en quantifiant sur toute les phases de vie
les entrants et les sortants.
L’éco-conception est donc, une démarche volontaire, très
valorisante pour l’image d’un organisme ou d’une entreprise et qui
permet de crédibiliser sa communication environnementale dans la
perspective d’un développement durable.