
«
La terre ne nous appartient pas, ce sont nos enfants qui nous la
prêtent » (proverbe indien)
Que signifie ce nouveau terme de « développement durable » ?
Qui, aujourd’hui, a la possibilité de mettre en application une
politique de développement durable ? Les Etats dits démocratiques,
ou « développés » ? Il a fallu attendre l’année 2002 pour voir une
hausse sensible de l’aide au « développement », qui stagnait depuis
30 ans ! Les ONG et tous nos extraordinaires bénévoles qui se
battent contre vents et marrées pour voir, un jour, inéluctablement,
leurs efforts anéantis par le déclenchement d’un conflit ou les
fluctuations du marché boursier ?
Une politique de développement... durable, comme son nom l’indique,
se doit de prendre en considération des facteurs environnementaux
qui permettront à l’Homme de CONTINUER à vivre sur sa terre
d’accueil. Ces facteurs, le sous-sol, le sol, la mer, l’air sont les
agents de la Vie et leur respect la garantie d’une vie future
possible.
Qu’en est-il aujourd’hui ?
Les océans
La
planète bleue est recouverte à 70% par les mers et les océans.
Régulateurs climatiques et atmosphériques, ces espaces sont
indispensables à l'équilibre environnemental, notamment en absorbant
le dioxyde de carbone, réduisant ainsi l'effet de serre.
Aujourd'hui, la pollution perturbe les courants marins, et donc le
climat, et met en péril des millions d'espèces vivantes. Le
phytoplancton (plancton végétal), à la base de la chaîne alimentaire
marine, est sensible à la qualité de l'eau et à sa température; les
rejets provenant de l'agriculture intensive et des égouts, les
dégazages, la pêche sauvage mettent donc en péril l'écosystème.
Dans le Pacifique, le courant El Ninõ provoque des cyclones
dévastateurs, des sécheresses ou des pluies diluviennes. Pour la
seule année 2003, les dégazages multiples ont fait subir à la
Méditerranée l'équivalent de 20 marées noires telle que celle du
Prestige, coulé au large de l'Espagne en 2002 !
En 2004, aucune véritable coopération internationale ne tente de
régler ce fléau qui met en péril la vie sur la terre.
Ce constat alarmant a été publié avant le Sommet mondial du
développement durable de septembre 2002 à Johannesburg. Il n'a
malheureusement pas été pris en compte, tout comme sont restées
lettres mortes les résolutions du Sommet de la Terre de Rio de 1992
visant à réduire la pollution mondiale.
La biodiversité
Parmi
les autres tendances inquiétantes figurent les changements
climatiques et les perturbations qu’ils induisent, la destruction
des écosystèmes aquatiques et la disparition rapide de certaines
espèces, signes de pertes de la riche diversité biologique
terrestre. Chaque jour, oui, chaque jour, deux à trois espèces
animales ou végétales disparaissent de la surface de la terre !
Un autre exemple d’impuissance : depuis 1973, la CITES (Convention
internationale du commerce des espèces sauvages) tente de contrôler
le marché d'animaux et de plantes. Depuis l'année dernière,
l'Afrique du Sud, la Namibie et le Botswana peuvent commercialiser
leur stock d'ivoire d'éléphant, et la création de deux sanctuaires
pour baleines dans le Pacifique Sud et l'Atlantique Sud a été
refusée!
Pour le développement des énergies
renouvelables
«
Il faut accroître substantiellement et de façon urgente la part des
sources d'énergies renouvelables » (Sommet de la terre,
Johannesburg, 2002)
Aucune échéance ni ligne de conduite pour chaque pays ne sont venues
ponctuer ces belles paroles !
On sait que le soleil, qui n'est pas prêt de s'éteindre, constitue,
par ses rayons, une énergie 15000 fois supérieure à celle nécessaire
à la population mondiale chaque année. Pourquoi ne pas récupérer ce
don de la terre ?
Le solaire,
l'éolien, l'hydraulique,
la biomasse,
la géothermie, appliqués à grande échelle, peuvent remplacer nos
énergies conventionnelles et polluantes.
Selon l'Epia et Greenpeace, l'énergie solaire pourrait fournir
l'électricité nécessaire à plus de 1 milliard de personnes et créer
plus de 2 millions d'emplois d'ici 2020. En 2040, 25% de la demande
énergétique mondiale prévue pourrait être assuré. Lorsqu'on sait qu'
un être humain sur 3 n'a pas accès à l'électricité, que ces énergies
renouvelables préservent l'environnement, créent des emplois et
favorisent la production agricole, donc la réduction de la pauvreté,
on se demande bien si nos institutions fonctionnent correctement !
Pourquoi personne ne suit le Brésil et l'UE lorsqu'en 2002 ils
proposent des objectifs précis et des dates en vue de l'utilisation
de ces énergies ?
Nous détruisons notre planète alors même qu'elle nous offre, tous
les jours, l'énergie dont nous avons besoin.
Prenons conscience des réalités, des réalités qui ne sont pas
essentiellement économiques ! Nous savons très bien que nous
polluons nos mers, notre sol et notre atmosphère. Mais ces éléments
sont les facteurs même de l'apparition de la vie et de sa
préservation ; sans eux, notre espèce s'éteindra. C'est ce que nous
voulons ?
Accès à l'énergie
La
disponibilité de services d’alimentation en énergie et en eau à des
prix abordables est une condition nécessaire de la réduction
significative du nombre de gens qui ont moins d’un dollar par jour
pour vivre. Pour l’heure, les pauvres ne disposent toujours pas de
tels services.
Bien que 800 millions de gens aient été raccordés aux réseaux
électriques au cours des 20 dernières années, ils sont encore deux
milliards qui brûlent du bois, de la bouse et des résidus agricoles
pour se chauffer et faire la cuisine.
Les pénuries d’eau – quelque deux milliards de gens n’ont pas accès
à l’eau potable ni à des installations d’assainissement adéquates –
s’aggravent dans des propositions considérables. Le manque d’eau et
d’assainissement accroît la mortalité et la morbidité, ce qui pèse
lourd sur les systèmes de santé et réduit la productivité
économique.
Sans électricité, les gens ne peuvent pas prétendre aux avantages du
monde moderne : pas de réfrigération pour conserver les aliments,
pas d’accès aux technologies du téléenseignement.
L’environnement subit également l’impact des modèles de
développement déséquilibrés, marqués notamment par la forte
inégalité de la consommation énergétique entre le Nord et le Sud. La
mauvaise gestion de l’eau contribue aux catastrophes naturelles et à
l’érosion des sols ; les systèmes énergétiques à bas rendement
polluent l’atmosphère, acidifient les sols et l’eau et émettent des
gaz à effet de serre qui ont dangereusement réduit l’épaisseur de la
couche d’ozone.
L'or noir
Que
de victimes pour cette énergie qui n'existera plus dans 50 ans ! A
moins de découvrir rapidement d'hypothétiques gisements sous-marins,
l'exploitation du pétrole devrait cesser dans une quarantaine
d'années. Par ailleurs, la durée d'exploitation du gaz naturel est
estimée à 62 ans, et celle du charbon et de l'uranium à un peu plus
de 200 ans.
Ces énergies sont non seulement épuisables mais également
polluantes. L'AIE (Agence internationale de l'énergie) prévoit 61%
d'augmentation des consommations énergétiques mondiales d'ici à 2030
: 30% en Europe, 42% aux Etats-Unis, 119% en Chine, 188% en Asie du
Sud. Vous imaginez les futurs pics de pollution !
Et la guerre, toujours la guerre…
Qui oserait affirmer aujourd'hui que le véritable enjeu des deux
guerres en Irak n'était pas le pétrole ?
Cette énergie, polluante, est, depuis une cinquantaine d'année,
l'objet de toutes les convoitises, et la cause de bien des
bouleversements (statut des pays de l'OPEP et collusion entre
terrorisme et démocratie, Koweït, Irak). Les sociétés
industrialisées se sont rendues esclaves de l'or noir à cause de
leurs choix en politique énergétique. Toutefois, conscients que le
pétrole est épuisable, nos gouvernants vont bien devoir, par
nécessité, élaborer de nouveaux systèmes d'utilisation des
ressources. Il serait temps !
Néanmoins, obsédé (...par l'image du père) et jusqu'auboutiste, le
gouvernement Bush s'est engagé dans un conflit perdu d'avance, et à
plusieurs niveaux. D'un point de vue stratégique, presque tous les
experts en géostratégie prévoyaient un enlisement et avaient prévenu
d'un embrasement de la région. D'un point de vue politique, qui
aurait pu imaginer que dix années d'embargo et des tonnes de bombes
déversées sur des espaces urbanisés, tuant des milliers d'innocents,
au mépris des institutions internationales, ne choqueraient pas
l'opinion, informée un jour ou l'autre. A tel point qu'aujourd'hui
le candidat Bush, pour les élections de novembre 2004, ne met plus
en avant sa politique belliciste mais se reporte sur des thèmes
religieux susceptibles de renverser l'opinion : éthique évangéliste,
mariage homosexuel, considérations et projets de loi sur le fœtus!
D'un point de vue économique, enfin, ces milliards de dollars
engageaient dans la conquête de sous-sols riches en pétrole auraient
pu être mis à profit pour l'élaboration d'une politique énergétique
nouvelle, qui, de toute façon, devra bien voir le jour. Dans 50 ans,
nous ne pourrons plus utiliser le pétrole, épuisé, et les réserves
états-uniennes se limitent à une quinzaine d'années. Quelle
étroitesse d'esprit pour des dirigeants si puissants et, surtout,
que d'injustices et de morts pour rien !
Technologies et développement
Les progrès technologiques ont eu sur le monde un effet
unificateur sans précédent. La circulation des gens et des capitaux
au niveau mondial s’accompagne d’échanges culturels plus intenses
qu’ils ne l’avaient jamais été et place les responsables politiques
devant des problèmes d’une complexité croissante, qu’il s’agisse de
faire face aux carences en matière de sécurité ou de lutter contre
la propagation des maladies.
En même temps, nous assistons à un phénomène de creusement des
disparités : plus de 120 pays n’ont connu qu’une croissance
négligeable ou se sont appauvris au cours des décennies écoulées. Si
dans certains pays les bourses des valeurs ont dégagé des bénéfices
considérables, le fardeau de la dette s’est appesanti dans des
proportions intenables dans d’autres. Dans certains des pays les
plus pauvres, le service de la dette dépasse de loin les dépenses
publiques de santé et d’éducation, à une époque où les revenus
subissent le choc de la chute des recettes d’exportation et du
fléchissement de l’aide internationale. La transition qui mène à
l’instauration d’une économie de marché n’a pas toujours été bien
gérée et de nombreux obstacles continuent de s’opposer à l’accès au
marché mondial.
Les femmes, phénomène universel, restent plus pauvres que les
hommes. Et même dans les pays qui connaissent un développement
général, il subsiste de profondes poches de pauvreté et des groupes
entiers laissés-pour-compte. Dans d’autres pays, la lenteur de la
croissance économique s’accompagne de troubles civils et d’une
inquiétante propagation du VIH/sida, reléguant ainsi des millions de
gens à la limite de la survie.
La technologie est porteuse d’espoirs en matière de développement,
compte tenu en particulier de la diminution de son coût. Mais les
promesses de la technologie ne se réalisent pas toujours en raison
des limites d’accès et des insuffisances de l’infrastructure. Les
ordinateurs ne marchent pas sans électricité, l’accès à Internet
exige une ligne téléphonique.
Comment espérer un développement durable des pays les plus pauvres
s'ils ne possèdent pas les outils nécessaires à leur mise en place?